6 avril - le cabinet d'alchimie

Dans les décors du musée, lors de la visite, se trouve la reconstitution d’un laboratoire d’alchimie.


Parmi toutes pièces retrouvées par notre vieux collectionneur il y avait de nombreux matériaux de chimie et travaux à haute température ou faisant appel à des produits minéraux souvent vus comme élémentaires pour l’exécution de ce que nous appellerons le ‘grand-Œuvre’ tels le souffre, le sel et le mercure. Son expérience de verrier lui apportait la maîtrise des creusets avec leurs matériaux adaptés à des travaux de ce genre. On estime que globalement sur 10 maître-verriers, 1 ou 2 finissaient par s’adonner cœur et âme à cette discipline demandant des connaissances propres à cette corporation et ses savoirs professionnels. C’est ainsi, qu’au début de ces expériences son attention fut-elle une curiosité légitime.



Puis peu-à-peu, cette dernière se transforma en une véritable passion le consumant chaque soir qu’il pouvait lui consacrer. Sa qualification au sein de sa verrerie lui permettait d’obtenir les ‘vaisseaux’ de verre épais allant au feu, ou la flaconnerie ‘éprouvée’ nécessaire au stockage des produits et matières souvent fusibles ou demandant à rester à l’abri des lumière et atmosphère contre l’humidité notamment.


A sa mort, son atelier fut démonté, les instruments, creusets et récipients soigneusement rangé pour voyager dans le temps jusqu’à la reconstitution de l’atelier d’origine. Aujourd’hui la visite, au second niveau, propose un arrêt devant l’entièreté des composants des travaux du vieux verrier. C’est là que nous retrouvons les fours à haute température, à ‘sable’, ‘réverbère’ et réchaud. Seul le vieil athanor, qu’il avait lui-même fabriqué et fonctionnant au coke de fonderie ne pouvait entrer dans le muse en raison de son poids que le plancher ne peut supporter et ses encombrantes dimension l’empêchant de franchir nos portes. Certes, l’image de l’alchimiste parfois jugée peu crédible, délirante ou irréaliste… semble souvent oublier que l’alchimie est l’arrière-grand-mère de notre moderne chimie avec de nombreux produits aujourd’hui entrés sur tous les rayons de laboratoire en ayant leur origine jusque dans l’Antiquité sans autre forme de procès.


Notre ancêtre a laissé assez de notes et produits pour qu’en certaines circonstances, les expériences puissent reprendre au grand jour, voire devant des laborantins confirmés. On notera pour les instruments de verrerie quelque peu compliqués, mais visibles dans la reconstitution, dont il avait besoin pour son ‘grand-œuvre’, qu’ils les fabriquait lui-même. Il en est de même pour le bloc de verre d’un bleu profond, qu’on peut voir au fond du décor, dans une sombre niche. Il avait mis tout son savoir de verrier dans la constitution de ce bloc de pâte de verre bleu cobalt. L’éclairage prévu arrivait du bas, sous le socle.

De fait, logiquement le bloc de verre doit être plus clair près de l’éclairage et sombre en haut. En le regardant plus attentivement, on s’aperçoit que la base proche de la clarté est quasiment noir, et le haut attendu dans cette teinte est dans la plus grande clarté, bleu électrique. Par son savoir de verrier, il a pu faire de telle sorte que la lumière traverse le verre en défiant toute logique chromatique. Il expliquait avoir voulu réaliser là, un bloc de forme vaguement ovoïde (on voit notamment les trace d’étirement du au façonnage ‘au tour’) d’un poids de quasiment 23 kg, qu’il nommait ‘œuf cosmique’. Il ajoutait qu’ainsi il illustrait, par son savoir de maître verrier, l’univers sombre et bleu nuit parsemé, traversé par les clartés lumineuses des systèmes solaires et autres luminaires.


Ensuite, la couleur bleue représentait la planète Terre appelée ‘planète bleue’. Enfin, il finissait son exposé sur le fait que ce bloc de verre bleu symbolisait l’être humain, sombre d’esprit à sa naissance pour s’éclairer au fil de sa vie avec la clarté s’arrêtant au sommet de la Créature, c’est-à-dire le cerveau ! Ainsi, ce chef-d’œuvre symbolisait le savoir prenant le contrôle de l’Humain pour le conduire au mieux et jusqu’à bonne réalisation de sa vie pourvu que le savoir, la culture et l’éducation nourrice son esprit au mieux de l’évolution. Il affirmait ici avoir choisi cette image pour illustrer l’alchimie, du moins à ce terme il préférait celui de ‘magistère’.


Ce terme, pour lui, représentait une image plus fidèle de la philosophie au laboratoire puisque le mot ‘Magistère’ se réfère à la maitrise. Il ajoutait que le mot magistère donne magistrat. Ce dernier, lorsqu’il est attribué à un notable fonctionnaire de justice, nomme celui qui en ultime décision rend la sentence en toute conscience. Cet homme, à ces moments doit agir ‘magistralement’ sous son titre de ‘magistrat’ rendant la justice en toute sagesse et sérénité, car il est le sommet ponctuel de la pyramide du Droit au moment il rend sentence et décision. Après un petit sourire, il m’expliquait que si j’étais particulièrement sot, il m’administrait une fessée… magistrale ! Tellement magistrale qu’elle me cuit encore. Là je comprenais le sens de magistral, magistrat et magistère. C’est dans ce cadre du laboratoire (dédié au labeur = labor = travail laborieux) et du magistral savoir que vous considérerez, peut-être autrement qu’avec un regard désabusé ou amusé l’atelier d’alchimiste verrier. Nous reviendrons plus loin sur d’autres éléments de cet atelier de la fusion et de l’inconnu. A bientôt donc pour ce prochain rendez-vous devant cette reconstitution.


André Douzet

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