9 avril - le miroir noir

Revenons quelque peu vers la reconstitution du salon de divination ou déjà nous rencontrions la boule de verre utilisée à cet effet dans la tradition populaire avec d’autres objets du même ordre. Depuis des temps déjà bien reculés, la curiosité à pouvoir interroger l’avenir comme le passé ou, ce que nous pourrions résumer en tant qu’entité familiale ou autres de ‘mondes’, en considérant globalement par ce mot des contrées imaginaires ou abritant ce qui nous échappe tout en tentant de nous en servir à des fins pas toujours bien nettes avouons-le. Ces éléments, guère imaginables, disons-le, nous étant inaccessibles mais tout autant attractifs, aiguisent notre curiosité pour l’étrange et l’occultisme depuis l’antiquité avec d’anciens magiciens utilisant, à cet effet, différents objets insolites aux réputations sulfureuses.


Dans ces arsenaux formidables, inquiétants ou désuets, nous trouvons des instruments d’apparence anodine ou usuels à des fins pratiques de confort ou rituelles, comme par exemple des miroirs. A ce nom, nous imaginons des objets renvoyant notre image à fins de coquetterie ou soins narcissiques quelconques ou particuliers. Si le principe reste de renvoyer une image, un reflet, il en sera différemment quand le résultat espéré sera de scruter le passé, le futur ou des contrées dont nous n’avons qu’une idée mythique, symbolique ou complètement imaginaire. Ce système de transmission d’images est réputé s’adresser seulement à la personne mettant ce miroir en action demandant, pour ce faire, une connaissance ouvrant sur une philosophie particulièrement magique, occulte ou faisant carrément appel à des rites démoniaques ou du genre. Evidemment, on imagine que ce genre de ‘savoir’ hermétique fut mis à l’étude depuis l’antiquité par des magiciens, et transmis selon des règles strictes et d’apparence initiatique en société ou action particulière.



Les miroirs prévus pour ces pratiques, à leur origine étaient en cuivre ou bronze parfaitement polis, matière minérale dont la plus convoitée est l’obsidienne taillée en disque puis poncée jusqu’à devenir aussi lisse que le verre d’un miroir ordinaire oui… mais de couleur noire ! Ce qui nous donne une collection de supports miroitant en plusieurs jaunes de différentes intensités selon la qualité et la manufacture voulue ou liée au produit extrait du sol local ou exportés en qualité de minerais comme les cuivres bronzes ou fers en alliages… le tout selon la finalité magique attendue. Evidemment, si la palette de coloris se déploie des jaune pâles à ceux quasiment rouges, il faut reconnaitre que le miroir de verre blanc avec additifs de mercure (par exemple) que nous connaissons forcément est absent de cette collection de coloris échappant tous à ce blanc commun. Avec le temps et les finalités voulues, le blanc reste dévolu à des actions positives ou paisibles. Les fractions de jaunes s’adaptent à des résultats demandant des effets chaleureux allant du bien au… plus violent ou ‘fiévreux. Et bien entendu le plus sombre, le noir utilisé depuis l’obsidienne, va s’adresser en toute logique chromatique à des actes sombres jusqu’au plus obscurs ou carrément ténébreux. Dans ce cas, on imagine facilement que l’usager du miroir noir permette le contact avec des forces obscurément noires, noires comme celles des royaumes du mal et de ses laquais diaboliques ou lucifériens, on en passe et des meilleurs en ces matières étranges et inquiétantes.

Le temps fera le reste. Le support des métaux cuivrés, bronzés, du jaune au rouge ne feront pas recette dans les manipulations miroitantes antiques. En échange, la manufacture des verres naturels ou fabriqués ouvrant sur le blanc (n’étant autre, en fin de compte, que l’amalgame de toutes les couleurs se trouvant sur le cercle chromatique habituel, tel que nos connaissances en termes de couleur nous sont connues) trouvera sa dualité logique dans le noir de l’obsidienne que nous trouvons en plusieurs lieux miniers de nos contrées. Ainsi dans l’usage du miroir magique comme dans les sombres tréfonds de notre inconscient, le bien et le mal, le jour et la nuit, l’obscurité et la lumière vont trouver refuge dans le blanc et le noir. Ces ambivalences et dualités vont trouver leurs finalités et vitalités, mêmes les plus obscures et malveillantes, dans nos reflets noirs ou blancs comme par exemple les reflets de nos pulsions les plus profondes que nous consultons dans… des miroirs. Oui des miroirs en reflets parfaits de nos actions et morbides perspective, sommes toute bien… humaine. Les anciens affirmaient qu’ils voyaient, dans ce support reflétant, des formes pouvant se mouvoir et parler… cette merveille n’est pas à la portée du premier venu, en commençant par nous.

Un de ces supports s’est retrouvé dans les recoins de la personne usant de la boule de verre violet de divination déjà aperçue au début de nos promenades dans les vitrines et décors du musée. C’est ce miroir noir que présentons maintenant. Une pièce assez rare dans cette taille, sa qualité et surtout dans sa boite de rangement comme on peut les voir dans une des vitrines. De l’étage. Des iconographies se trouvent sur la boite, son couvercle avec cet œil simplifié inscrit dans le cercle formé par un serpent, forcément celui du savoir et la connaissance annonçant le contenu de ce coffret avec ses attentes de vision inhabituelle de mondes inconnus aux habitants dont nous voulons faire nos serviteurs. Cette imagerie du reptile va se répéter dans le couvercle recouvrant le disque. Un feuillet ‘de charge’ devait rester apposé à l’obsidienne durant son transport ou repos. Bien entendu nos propos ne sont pas le… reflet de nos seules impressions, mais les ‘modes d’emplois retrouvés dans le coffre et posés sous la pierre elle-même.





Ensuite chacune et chacun se fera sa propre opinion de cet étrange miroir noir, ses pouvoirs et possibilités qu’il nous semble préférable de ne pas provoquer par d’inconsidérées actions ou mises en route et que peut-être nous aurions des difficultés à remettre au repos. Bien entendu, il nous faut accepter aussi que rien ne saurait se passer depuis un support peut-être inactif et inerte, être rationnel est aussi de laisser place à l’impossible, au fantasme impuissant et des attentes creuses de résultats. Cependant, tenter le sort sans rien savoir de sa manipulation serait un peu comme ouvrir un volet sur quelque chose d’inconnu, avec une certaine possibilité de danger devenant une possibilité certaine avec des manipulations dont nous ne savons rien, et que nous ne serions pas certain de pouvoir refermer et verrouiller sur l’innommable.

Celle ou celui souhaitant se pencher à y sombrer sur l’usage du miroir noir, magique, verra sa passion s’appeler la cataptromancie. Cet étrange mot provient du grec antique kàtoptron : miroir et de manteia : divination. Ce qui nous donne donc la divination par le miroir… évidemment.

Nos visiteuses et visiteurs, tentés par ce genre d’expérimentation des plus aléatoires, peuvent en avoir un reflet des plus fidèles si nous pouvons dire ainsi. En effet, pour cette visite dans l’étrange, il vous suffira de vous rendre près de votre téléviseur, de l’actionner et plonger votre regard dans ce miroir d’éléments que seul votre esprit pourra juger réel, tangible, dangereux, inoffensif ou objet du délire… Quel sera le programme télévisé de ce soir devant ce grand miroir noir de l’absurde ou du réel selon vous ????


André Douzet

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