29 mars - le cube reliquaire de Sainte Croix

Les visiteurs s’aventurant sur les pas du passé d’une chartreuse fondée en 1281, par Béatrix de la Tour du Pin, dame de Roussillon par son époux. Le parcours dans les ombres et lumières des moines expulsés à la Révolution en 1792 peut se faire d’abord en suivant le guide du syndicat d’initiative ou, bien entendu sans les soins de cette personne, à partir de quelques ouvrages relatant ce qui est indispensable à l’approche plus précise, plus détaillée de ce qui reste encore à explorer des plus anciens vestiges laissés au gré des pierres et vestiges des hommes et… femmes (aussi insolite que ça puisse paraître dans un tel univers exclusivement masculin) ayant fait son passé ses endroits et faits les plus inconnus mais encore présents derrière ce qui reste de ces temps médiévaux.


Suivons, pour l’instant le guide officiel puisqu’il est le seul à détenir les clés et ouvrir les locaux où se trouvent les éléments les plus impressionnant sur les plans architecturaux, picturaux et surtout hermétiques des premiers lieux cartusiens ou encore plus avant dans le temps. Au gré des commentaires de notre guide nous traversons la première et grande cour sur le sol de laquelle se dessine le trajet vers la partie voutée à gauche. Pourtant, nous allons tout droit où, après avoir franchi un imposant portail, nous accédons à un enclos qu’on nous présente comme ‘le petit cloître’. Un espace fermé sur les hommes mais ouvert sur un ciel à plusieurs dimensions. D’abord celle de la déambulation cartusienne au fil d’un cloître desservant le grand passage de communication entre les deux cours et ensuite se dirigeant vers la chapelle primitive, celle que nous qualifierons ‘de Thibaud de Vassalieu et de Béatrix entourée des premiers chartreux de ces lieux. Le petit cloître, c’est aussi l’enclos d’un vieux cimetière, et non pas celui des pères comme on nous l’assène selon l’histoire et l’archéologie officielle. C’est sous ce rectangle, ouvert sur les cieux, que les moines honoraient religieusement les morts anciens depuis les premiers occupant la forteresse primitive pré-cartusienne. On ne sait quasiment rien sur cet endroit des temps obscurs. De là, le guide nous conduit sous un auvent entre deux hauts murs, puis ouvre la porte sur l’antique chapelle aux fresques.



Laissons là le groupe de visiteurs pour rester encore un peu dans ce petit enclos silencieux. D’abord, allons encore plus en arrière dans le temps, par exemple il y a environ une cinquantaine d’années. A ce moment, personne ne s’intéresse au passé du site, et les paysans sourient parfois sur un personnage penché sur les antiques vestiges qu’il pourchasse, en m’entrainant dans les sous-sols, ou vers les vieux murs de l’ancienne forteresse. Si nous y prêtons attention nous voyons l’ombre floue de cet homme avec la nôtre le suivant fidèlement dans ces prospections oubliées. Il sait où trouver ce qui nous fascine dans ces vénérables vestiges.


C’est dans les murs de ce ‘petit cloître’, vers une cavité que les autorités cachent du mieux possible, qu’il va découvrir une pierre sculptée prise dans le mur. Il s’agit d’un des bras (sans doute celui de gauche) d’une croix sans doute réservée à la tombe d’un chartreux ayant eu des fonctions dans ce monastère. Des fonctions élevées par le titre partiellement lisible sur ce vestige. Plusieurs jours seront nécessaires (étayer la cavité pour ne pas saper le mur) pour qu’en fin la branche de croix casse de sa souche et tombe aux pieds de l’homme… Il nettoiera cette pierre dont la forme cubique lui vaudra le nom de ‘cube de pierre’, d’environ 14cm de coté. Il va s’apercevoir, en nettoyant les gravures, qu’une sorte de bouchon de pierre est inclus depuis le graphisme du mot sculpté. Il finit par dégager ce bouchon. Une fois enlevé, tous attendent avec des rêves dans les yeux que le fond se révèle enfin. Au fond, une sorte de matière feuilletée, sombre, pourpre quasiment noir. Elle sera analysée et se révélera comme étant du sang séché.


En vérité ce cube de pierre, avec son étrange cavité s’avère être un reliquaire avec du sang… un peu comme d’autres ‘Saints Sangs’ déposés çà et là entre la Belgique et la France. Seulement ces derniers sont ‘enchâssés’ dans des métaux précieux et des cristaux mis ostentatoirement à la vénération des foules. Pour ceux-ci nous sommes sur des reliquaires réputés et connus. Pour celui de Ste-Croix, le support est de pierre sobre, sans attrait pour le regard, soigneusement caché dans une cache au cœur d’une vieille croix… comme voué à l’oubli. Mais alors si c’est pour être oublié, pourquoi ce support cartusien était-il si bien caché dans ce ‘petit cimetière des pères’ ?




Relique insigne d’un père chartreux ? Relique autre dissimulée derrière cette cache destinée à un oubli sauf pour ceux qui le savent malgré cette impossibilité à la moindre vénération.


Sans doute ne saurons-nous que difficilement les origines de cette relique dans son austère reliquaire de pierre, ni à qui appartient ce sang (bien qu’à l’analyse apparaisse encore le rhésus) ou pourquoi ici, ou pour qui ?


C’est la reproduction parfaitement conforme de ce… ‘cube reliquaire’, qui repose dans la vitrine du musée de l’étrange avec une petite partie des éléments retrouvés dans les fondements de cette chartreuse si riche en éléments étranges mais néanmoins historiques ou archéologiques : monnaies anciennes, outils, ustensiles, coffre plumier chartreux, mosaïque (montrant là une antique occupation des lieux) poteries et sceaux… et tant d’autres choses… C’est dans ce dédale placé à la fin de la visite de notre petit musée que nous réservons ces ultimes pas dans l’étrange pays de Jarez et du Pilat et c’est là que nous vous invitons à vous perdre.


En mémoire et hommage à Raymond.


André Douzet




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