22 avril - le sas d'entrée bis

Nous avons déjà regardé de plus près la première copie d’un cliché montrant la fresque dégradée se trouvant dans la chapelle-haute de l’ancienne église médiévale de St Sernin aujourd’hui musée des Mariniers.


Une fois dans le sas d’accueil, de l’autre coté à leur droite en entrant, face à la première image grandeur nature, nos visiteuses et visiteurs peuvent voir cette fois une autre représentation photographique, tout comme face à eux en linteau puis se poursuit à gauche au-dessus du sarcophage. Il s’agit d’une série de personnages religieux, représentant une frise de saints dont les noms se lisent (un peu mal en raison de l’ancienneté des originaux des environ des XII et XIIIe siècles) à côté d’eux ou au-dessus. La frise agiographique se lit de la droite vers la gauche et nous nous arrêterons sur l’avant dernier saint personnage.


Il s’agit d’une frise de ‘patrons’ peint à la détrempe et ornant une sorte de décor en corniche de l’église du XIIe, St Christophe de Montsaunès, dans le département de la Haute-Garonne. Nous sommes là dans l’ancienne chapelle des hommes de l’ordre du Temple et plus particulièrement de la commanderie la plus importante de l’ordre par ses grandeur, valeur stratégique, et classification magistrale dans le temps et l’espace de cet ordre détruit vers le début du XIV ème siècle. Pour ces templiers, à la fois religieux et guerriers, la chapelle était d’abord la pièce majeure de leur croyance. Dans ce sanctuaire se déroulaient les événements marquant leur vie religieuse, mais aussi au regard de leur administration qu’ils plaçaient également sous le signe de leur foi. Ce lieu, au demeurant était la pièce maîtresse des commanderies et, le plus souvent, elles disposaient d’un étage en comble au-dessus de la nef. Cet ultime niveau était fortifié et servait d’ultime bastion à défendre coûte que coûte si la commanderie venait à tomber lors d’un assaut dévastateur. Les murs, au niveau de cet étage, étaient percés d’échauguettes et meurtrières d’où les moines-soldats défendait ce bâtiment qui pour eux représentait l’ultime endroit à protéger ou y mourir lors d’un baroud d’honneur si leur honneur le réclamait… ce qu’ils firent sans compter en moultes endroits.


Cette chapelle prit le titre d’église au moment où, après la chute du Temple, elle accueillit les paroissiens ne disposant pas d’un lieu de culte assez grand. C’est dire l’importance de cette construction qui reste dans un état d’exceptionnelle conservation et heureusement classée aux Monuments Historiques. Ce qui est remarquable sera que cet édifice a conservé l’intégralité de ses peintures, tant murale qu’au plafond, chapelles latérales et chœurs. Très curieusement, les décors montrent de bien étranges motifs géométriques, mythiques au symbolisme profondément ésotérique… n’ayant rien d’étonnant dans l’esprit de ces hommes du temple devenus d’inconditionnels représentants d’une religion totalitaire à l’extrême à ces époques de croisades. Dans ces décors riches de monstres s’affrontant, chassant et écrasés par d’immenses damiers et autres peintures sans vrai thème religieux, l’expert ne trouvera que peu de représentations spécifiquement liées à la foi. Aussi cette frise d’apôtres est-elle presque surprenante, mais logique dans sa fonction. Bien entendu peu de représentations féminines -uniquement Eve et la Vierge Marie- pour cet ordre exclusivement fait d’hommes de guerre pour la plupart. L’immense nef reçoit donc la présence des saints chers à l’ordre sur ses deux murs Nord et Sud. Pour l’anecdote, cette austère frise montre des saints tenant le livre clos (savoir fermé, secret), et six par travée à raison d’une niche chacun - celle-ci uniquement traitées à l’ocre rouge - pour le moins insolite puisqu’on y trouve des personnages peu usités car vénérés, tolérés, par les Cathares aux confins hérétiques… ce qui expliquera partiellement que les hommes du Temple aient pu se retrouver accusés d’hérésie pour cette raison, entre autre.


Aussi est-il fréquent, pour les rares visiteurs de ce sanctuaire au piedmont de Pyrène que le décor en frise soit particulièrement apprécié et observé. Il est donc de bon ton que nous en ayons fait tout autant il y a 45 ans en découvrant ces lieux peu connus du tourisme. C’est en observant plus attentivement tous ces Sts patrons que nous nous sommes aperçus que la frise ‘nord’, arrivant près du pignon du grand porche présente quelques ‘cases’ vides de personnage. On peut d’office penser un manque d’inspiration, mais très vite ce manque cesse pour s’illustrer d’une dernière représentation des plus étrangement insolites !


En effet, le personnage qui se trouve dans cette niche peinte n’a rien à voir avec les apôtres dont il semble clôturer la suite juste avant St Nicolas muni de sa crosse d’évêque. L’être ici représenté est une petite créature, certes anthropomorphe, tranchant par sa couleur grise des saints généreusement colorés. Si ces derniers sont tous statiques et figés, l’être semble courir à leur opposé en tournant sa tête vers eux. Une tête à l’expression froide et fixes aux traits fins et comme enfoncés dans le visage surmonté au sommet de son crâne d’une sorte de grand coin, ou angle aigu autrefois coloré d’une… feuille d’or !!!! Le personnage dans sa main droite tient une sorte de hallebarde de même couleur. Fuit-il ? Se hâte-t-il vers une destination ou besogne des plus importantes ? Est-ce sa posture habituelle ? Bien d’étranges questions pour cet aussi étrange petit bonhomme.


Les monuments de France vinrent restaurer les fresques… et après leur minutieux travail, réputé à ‘l’original’ restituèrent un personnage ENTIEREMENT grisé, coin d’or compris… seuls les traits du visage sont laissés toujours enfoncés dans une sorte d’aura plus clair et ce sera tout !

Que voulait signifier là les initiés de l’Ordre du Temple ? Ce peut-il être une des si rares représentations du fameux Baphomet qui pesa si lourd dans les chefs d’accusation pour sorcellerie contre les templiers… bien malin qui peut le dire ou affirmer cette énigme des plus rares en termes de vestiges templiers. C’est cet étrange personnage que nous vous proposons de venir contempler et interroger à votre tour, visiteuses et visiteurs du Musée de l’Etrange.


André Douzet

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