1er mai - un antique plat de pierre

Le titre de ce petit texte de présentation pour cet élément porte son principe dans ses mots. Des mots innocents sans conséquence pris isolément, mais démonstratifs si on en regarde ce qu’ils peuvent contenir d’étrangement intéressant. Donc, il s’agit d’un plat comme on peut le voir sur notre photo, et ensuite il est en pierre. Certes jusque-là, il n’y a rien de bien étrange en soit.


A présent qu’en est-il de lui. Il s’agit d’un récipient, probablement en marbre tendre, gris clair veiné de plus sombre au centre du creux contenant, et certainement de dimensions importantes pour cet ustensile habituellement à usage culinaire. D’un diamètre de 30cm, pour une épaisseur moyenne d’un centimètre, il présente une profondeur intérieure de 35mm pour une hauteur de 55, pour près de 3kg. La partie ‘pile’ visible est d’aspect finement poli pendant que le dessous n’a pas semblé bénéficier de la même patine et finition. Le plat, s’il parait circulaire, ne l’est pas complètement, ce qui pourrait provenir du fait d’un manque de traçage que nous dirions aujourd’hui ‘au compas’. Cette remarque peut, pourquoi pas, montrer que son origine soit des plus anciennes, en tous cas pas de notre haut Moyen-Âge comme on pourrait le penser au vu de son état de conservation.


De fait, aucun musée ne semble montrer de ‘plat’ de cette sorte, ce qui nous pose le problème de la comparaison pouvant nous aider à le situer dans le temps, notre temps. Notre plat a été expertisé dans un musée du sud de la France. Certes son analyse restée sommaire, l’a été suffisamment pour le situer au début de notre ère, et peut-être par son matériau -relativement rare dans nos région- en prévenance possiblement orientale. Nous n’avons, à cette époque, préféré ne pas laisser plus longtemps notre trésor au labo de ce musée car il était à craindre qu’il nous puisse être confisqué à plus ou moins brève échéance.


Cet objet, toutefois étrange dans ses hypothétiques utilisations, a pu avoir une fonction plus symbolique que simplement à usage de plat pour la viande ou autres nourritures végétales ou carnivores. On peut, avec les scientifiques s’étant penchés sur lui, avancer qu’il fut manufacturé à des fins rituelles, funéraires ou cérémonielles pour ne pas dire religieuses. Dans cette version, en tout cas au sens où nous entendons ce mot à notre époque, il nous est imposé, dans cette hypothèse, que nous serions ici au tout début d’une religion naissante prenant son essor dans le sud de ce qui sera un peu plus tard la France. Un objet peut-être fabriqué en orient et commercialisé, en tous cas rapporté par un antique navire de commerce alimentant un de ses comptoirs en ‘Narbonnaise’… pourquoi pas puisque les musées locaux disposent de nombreux objets de cette sorte et origine que le public peut voir dans les vitrines.


Cependant, il nous resterait encore à définir plusieurs autres éléments concernant notre plat à présent peu culinaire et plutôt rituel. Il fut retrouvé fortuitement par un berger, à l’époque des conséquents troupeaux encore existants au début de notre siècle. Un jeune berger alors surpris par un orage local, d’une violence comme seule cette contrée sait en connaître, se réfugierait dans une grotte immense pour y préserver son troupeau… On en sait quelques unes du genre dans ces secteurs. Un lieu protégé qui l’intriguerait peut-être et où il reviendra une fois les transhumances ou les pâturages terminés, il retourne pour mieux regarder ce qu’il aurait commencé à ‘gratter’ dans quelques recoins de la caverne, pour tuer le temps. Et puis intrigué de ce qu’il va découvrir dans quelques cavités de ce refuge souterrains, en vestiges humains, animaux ou matériels, il fera main-basse pour en tirer quelques sous. Peut-être aussi pensait-il utiliser ce plat simplement dans sa cabane de berger pour y déposer des aliments… nous ne pouvons le savoir et seules des hypothèses restent possibles. Et le vieux berger au crépuscule de sa vie confie-t-il sa découverte à une autre personne en lui donnant de vagues mais suffisantes informations sur l’emplacement de cette ‘caune’ oubliée. Et de fil en aiguille, c’est ainsi que nous avons pu récupérer le plat avant qu’il ne finisse au fond de quelques réserves de brocanteur, bradé sur un vide-grenier ou bêtement fracassé dans un transport peu soigneux, qui sait ?


S’il faut envisager une fonction rituelle, on ne sait quelle elle pouvait être et nous ne pensons pas en l’état des choses pouvoir en deviner plus. Cependant ce plat a été retrouvé sur un site souterrain à nécropoles, aussi peut-on penser qu’l fut mis dans une tombe avec d’autres objets pour honorer son locataire, bien que cet usage, plus antique ne fut plus guère au début de notre ère… On sait qu’un peu plus tard, avec le Moyen-âge naissant, dans le matériel de cuisine ou de présentation des aliments, il est habituel d’user de ‘plat’ assez haut pour recevoir des viandes avec leurs sauces notamment. A l’époque de Chrétien de Troyes il est question aux tables aristocratiques d’une « écuelle large, passablement profonde » ou il est coutume de déposer les aliments carnés sans leur jus… « On dit alors en langue vernaculaire que ce plat est un … graalz.


Ainsi pourrions-nous être en présence, sans doute pas DU Graal, mais étrangement d’UN plat du même nom. Un objet avec un usage moins symbolique, sacré ou ésotérique, à moins que… d’étranges préludes ou prémices ne soient mis en place pour préparer qui de droit à une quête d’absolue en forme de nourriture plus spirituelle que matérielle, il va sans dire. Cependant, cette vision se fera pourtant avec une réserve envers un autre objet, dans nos vitrines de matériel archéologique, pouvant aussi s’inscrire (toutes proportions gardées) dans ce genre de scénario ou mise en place, évidemment dans ce secteur aux confins de l’ancienne Catalogne avant le traité de Corbeil. C’est ainsi que notre visiteuse ou visiteur averti pourra entamer sa visite avec une quête bien à elle ou lui !


André Douzet

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