1er avril - Les haches votives

Aux époques du Néolithique, il y eut des hommes dans une brousse de moyenne montagne qui prendra le nom de massif du Pilat près de 4000 ans plus tard. Ces occupants étaient sans doute ceux qu’on identifiera comme chasseur-cueilleurs et peut-être commençaient-ils à se sédentariser. Cet homme est à l’aube de découvrir l’usage du cuivre, ensuite tout ira très vite avec l’alliage de bronze, le fer et la conception de métaux plus précieux. L’humain va se sédentariser, il n’est plus nomade et s’organise en petits groupes au sein desquels naissent des embryons sociétaires, tribaux allant vers d’autres organisations plus évoluées. Arrivent, alors des notions culturelles et funéraires… la suite sera nos origines oubliées.


Revenons sur nos pas avant ce long parcours. Plus précisément au moment des ‘chasseurs pêcheurs’, sans parler de sédentarisation comme nous la concevons depuis 2000 ans environ. Non, les humains sont encore loin de ce schéma évolutif. Ils sont chasseurs sur cette région et s’installent en des lieux rocheux où ils trouveront ce que nous appelons ‘abri sous roche’. Des amorces de cavités colmatées sommairement, mais efficacement contre les intempéries et les prédateurs. Il chasse avec des armes de pierre, oui mais bien façonnées, efficaces auxquelles il donnera une superbe finition que nous n’osons pas encore nommée ‘artistique’… bien que nous le pourrions si on considère que ces humains ‘dessinaient’ les peintures pariétales déjà depuis des siècles…


Avec le commencement de balbutiements sociaux apparaissent des interrogations d’ordre plus… disons prudemment ‘philosophiques’. Même réduites à leur plus simple expression, ces émergences de considération de ‘quelque chose’ leur échappant et qu’ils ne pouvaient définir. De fait, cette progression devait finir par arriver aux portes de ce que nous appelons… la mort. Ils la craignaient comme les fauves qu’ils traquaient parfois avec danger. Craignant ce qu’ils ne pouvaient définir, ils finirent par lui vouer quelques obscurs cultes tâtonnants et difficiles aujourd’hui à mieux cerner. Quoiqu’il en soit, notre ancêtre chasse avec des outils efficaces qu’habilement, ils fabriquent en quantité conséquente. Ces outils sont pointes de flèches, javelots de chasse, couteaux de pierre, aches d’abattages de chasse ou de combat (car la chasse peut vite devenir un combat), nous étonnant et séduisant parfois par leur finesse, proportions harmonieuse et surtout choix du minéral agréable à l’œil. Ils savent à présent joindre l’utile à l’agréable, l’arme devient belle artistique si nous pouvons nous risquer à ce qualificatif (réel pour nous).




Bref, l’Homme chasse, se défend, attaque et forcément… meurt. Pour ces moments, craignant sans doute terriblement ces contrées de la mort, il improvise forcément des ébauches de cultes, rituels et autres liturgies primitives, dont peut-être certaines peintures pariétales sont les derniers vestiges.


On sait, notamment, que ces humains ancestraux devaient penser à des contrées de la mort à l’identique -du moins à peu près- de ce qu’ils voyaient, où ils vivaient. Aussi, lors de leurs célébrations funéraires, offraient-ils à leurs morts les mêmes armes que dans ce monde, afin de continuer de l’autre coté à chasser, se défendre, attaquer et être équipé comme lorsqu’il était vivant. Rien ne devait changer et le chasseur-guerrier devait rester tel. A cet effet ils remettaient à leurs défunts des haches… Des haches, oui, mais de taille réduite, affutée et toutes aussi belles que celle lors de leurs vies ici. Les sépultures retrouvées montrent que ces hommes étaient pourvues d’armes réduites au fait qu’elles étaient déposées dans la paume de leur mains sur laquelle les vivants refermaient les doigts pour que le mort retrouve son arme intacte après cet ultime voyage vers la vision qu’ils avaient de l’au-delà.


C’est ainsi que celui à l’origine des collections du musée avait pu récupérer des informations sur d’éparses nécropoles disposées vers les enceintes des trois dents points culminants du vieux massif du Pilat. Non seulement il était entré en possession des informations conséquentes aux lieux, mais s’était vu remettre par quelques chasseurs de nos temps, randonneurs curieux et travailleurs forestiers engagés dans des opérations de nettoyages, élagages ou tailles de régulations des arbres locaux en ces secteurs. A ces époques, remontant à plus de 80 ans maintenant, personne ne voyait d’importance à ces… ‘cailloux’ qu’ils qualifiaient de ‘roulés’ dans les rivières du coins en raison de leur aspect poli, lisse et presque brillant. 


Aussi, notre collectionneur d’étrange trouvait-il facilement de quoi satisfaire son gout pour cela. Il doublait cette passion par des recherches archéologiques avec un scientifique les exerçant en toute légalité pour ses qualifications. C’est ainsi que celui à l’origine du musée, non seulement avait récupéré les superbes pièces néolithiques, mais s’était vu donner les explications conséquentes à l’usage des haches, de leur cultes et usages funéraires. C’est dire l’importance de ces dépôts au sein de la partie ‘cabinet de curiosités’… Le visiteur, en se penchant sur ces ‘haches votives’ (au nombre de deux différentes), sera étonné de trouver une hache ‘polie’ de taille réelle. Les archéologues et scientifiques ayant vu, expertisé et daté ces éléments les trouvèrent de toute beauté car dans un rare état de conservation. Des pièces rares surtout la hache ‘grandeur d’arme réelle’ qui, d’après eux, était intacte, sans traces d’usures dues aux manipulations de chasse ou combat. Ils estimèrent que cet outil n’avait, de fait, jamais servi, et pour une raison inconnue n’avait jamais été utilisé. Peut-être l’homme le détenant n’eut-il pas le temps de s’en servir. L’hypothèse retenue, fut qu’il dut mourir à la chasse ou autre avant de pouvoir frapper avec son arme, expliquant par-là cet exceptionnel état. A l’observation on constate que les trois ‘haches’ ont les mêmes couleurs de pierres. Elles sont toutes trois issues du même filon de Serpentine. En consultant d’ancienne cartes et documents géologiques régionaux on retrouve, en effet, un filon de serpentine vert sombre émergeant dans le secteur de la commune de Roisey et étendu, de manière accessible, jusqu’à proximité des trois dents, après il s’enfonce et se perd.


Ce sont ces trois éléments surgis des âges néolithiques qui reposent à présent loin des chasses de l’au-delà et des forêts préhistoriques de notre vieux pays de Pilat…


André Douzet

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