10 avril - La corne de licorne

Nous sommes vers 1835, quand l’écrivain George Sand découvre les tapisseries de la Dame à la licorne dans les greniers du château de Boussac qu’elle décrit sommairement dans un écrit, de 1847. Elle expliquera qu’elles furent commandées par un prince turc, Zizim, en exilé à Bourganeuf. Auparavant, elle en fait état à Prosper Mérimée, inspecteur des Monument Historiques qui les fait heureusement classer. Elles représentent les cinq sens exposés sur huit grandes tapisseries (plus de 3 mètres sur plus de 4 m). On n’en retrouvera seulement 6 sur les 8, les autres ayant été sans doute découpées pour couvrir des chariots, et faire des tapis, sur ordre d’un aristocrate iconoclaste. Elles seront heureusement acquises par le musée de Cluny à Paris où il est aisé de les contempler dans leur salle circulaire.


Ce sera le plus bel hommage rendu à cet étrange animal que nous voyons mythique et qui éveilla de si nombreux phantasmes, rêves et délires qu’ils soient symboliques, hermétiques, occultes, magiques voire dangereux dans certaines traditions ou rites que nous trouverons dans quasiment toutes les antiques parties du monde et civilisations antiques ou anciennes.


De nombreuses illustrations sur tous supports possibles font état de la licorne autant inaccessible, capricieuse, cruelle, des plus difficiles à approcher que facile, en fin de compte à apprivoiser.


De fait, sur toutes les parties de l’animal, une seule sera retenue. Ce sera cette corne qui en fera un inestimable trésor des plus convoités en raison de ses pouvoirs réputés aussi magiques que merveilleux. Cette grande rareté fera d’insignes marques dignitaires pour de nombreux personnages, femmes ou homme. Ceux-ci estimaient que posséder cette marque les distinguaient des autres humains en les désignant pour des privilèges les plaçant au-dessus des peuples et des humains ordinaires ne disposant pas de cette forme de véritable ‘Graal’ animal aux pouvoirs immenses allant de donner la mort, l’annulant ou adaptés aux avatars de la vie ordinaire ou extraordinaire… au plein sens du mot. C’est ainsi peu dire ce que pouvait valoir et représenter pour le commun des mortels, leurs princes, despotes religieux, laïques et tout autre. On verra la corne servir d’arme ou de bouclier infranchissable, d’anti-poison universel ou incontournable poison mortel, permettant de distinguer les personnes telles qu’elles étaient ou déguisées, etc, etc. Si les rois et princes de tous les peuples les conservaient au plus près d’eux, comme par exemple on racontait que le bureau des Présidents des E.U. d’Amérique était orné de deux grandes de ces cornes… ou encore dans le trésor de l’évêque Bertrand de Goth, se faisant de fait appelé ‘Evêque à la Licorne’, qui devenu pape Clément V, ordonne que sa crosse d’évêque, faite d’une haute corne de licorne finissant en escargot d’argent et déposée dans le trésor de la cathédrale de St Bertrand du Comminges ! Et ainsi pour des centaines d’autres éléments issus véritablement, ou faussement, de cette corne magique de surprenante licorne.


Cependant, il est sans doute des plus difficiles, à chacune et chacun d’entre nous, de parcourir le monde et les milliers de musées ou trésors, pour contempler un de ces cornes fabuleuses. Effectivement il est tellement plus simple de s’en venir au Musée de l’étrange et y regarder notre corne de licorne dans la vitrine des animaux étranges. Nous ne savons pas d’où notre ancien collectionneur l’a obtenu. Il disait, seulement, qu’il l’avait eu en cadeau pour avoir sauvé une de ces fabuleuses créatures s’étant prise dans un piège d’homme dans le Pilat dans le secteur des Roches de Merlin, les biens nommées ! En effet c’est là que se réfugièrent les dernières Licorne de nos contrées de la Gaule antique, au plus profond du ‘bois de l’Apocaly’. Ce lieu ayant appartenu aux pères chartreux de Ste Croix-en-Jarez, ils le baptisèrent de ce nom en raison du fait que le fourré y était si épais que même la lumière du jour n’y pénétrait pas. C’est pourquoi les licornes choisirent d’y édifier leur sanctuaire au fond d’une grotte spacieuse et belle en concrétions naturelles.


Elles aimaient la beauté des roches et au cours de l’année elles parcouraient cette forêt où les vieux druides avaient planté leurs roches sacrée. Elles cherchaient dans ces fourrés des pierres de toutes les couleurs pour les rapporter dans leur ultime refuge pour en orner le sol afin de le rendre plus agréable à leur regard. Cependant, si ces animaux mythiques sont portés sur la beauté minérale, ils sont d’une susceptibilité débordante. De plus, dotée également du pouvoir de lire la pensée humaine (fort utile contre l’espèce humaine un peu trop hâtive à se saisir de leurs cornes) ils se penchent à saisir les réflexions de nos visiteurs devant ce vestige d’unicorne et répondant à cette interrogation « croyez-vous aux licornes ?»… Lors, les réponses sont réparties en deux parties : celle d’y croire ou ne pas y croire. Pour les personnes y croyant indéfectiblement (et ils sont nombreux) et bien, tout se passera bien lors de leur randonnées et promenades en forêt. En échange, pour les personnes répondant un non catégorique, il en sera tout autre lorsque l’été, elles iront prendre le frais dans l’ombre accueillante du ‘bois de l’Apocaly. Là, elles s’y feront interpeler par une licorne, leur rappelant leur opinion négative quant à leur existence et les chasse pour leur porter un coup de corne… « histoire de montrer leur existence » dit-elle sarcastique.


Devant ce genre de pénible et douloureux accident, il nous fallait trouver rapidement une solution… C’est en cherchant un arrangement avec l’ambassadrice de ces charmants animaux, qu’il fut décidé de donner à nos visiteurs des ‘pierres de licorne’ que nous permet l’ambassadrice de ramasser au sol de leur sanctuaire et les rapporter au musée. Ses belles pierres sont remises à la fin de la visite du Musée, avec le conseil de ne jamais s’en séparer aux moments de se promener dans le bois de l’Apocaly. Ainsi la licorne de garde ‘sentant’ la présence d’une pierre de la grotte sanctuaire, elle ne manifeste aucun agressivité et s’en retourne vaquer à ses occupations. Ce sont ces pierres que nous vous remettons après votre réponse devant la corne de Licorne de notre petit musée.


Peut-être vous demandez-vous pourquoi on ne retrouve plus de tels étranges beaux animaux mythiques, et ensuite comment on approche d’aussi farouches et imprévisibles animaux. C’est très simple en vérité… Seule une jeune femme pure et vierge peut se laisser approcher sans danger par la Licorne. Très tôt le matin, on fait assoir cette jeune fille qui commence à chanter dès le soleil levé. Intriguée par cette voix charmante l’animal s’en approche, puis envoûtée par le chant elle s’endort sans crainte en posant sa tête sur les cuisses de la jeune femme. C’est alors que les chasseurs tapis dans les fourrés s’approchent doucement de la Licorne et lancent sur elles un filet de chasse. S’en est fait de la mystérieuse créature qui y perd sa corne tant convoitée. Ensuite à votre question « pourquoi n’en trouve-t-on plus » ? Et bien vous aurez la réponse en lisant le petit panneau exp

licatif posé près de la corne de notre musée…


Les licornes ont toujours été choisies pour leurs possibilités initiatiques, magiques, aventureuses, occultes, alchimiques ou hermétiques. Il en sera ainsi, encore une fois pour Harry Potter, qui trouvera les fameuses tapisseries dans la salle commune de la ‘maison Gryffondor… ou Tintin qui trouvera le secret des bateaux du chevalier de Haddock depuis un texte ‘licornien’… et toutes les autres liens que vous saurez trouver au fil de vos prospections sur ce sujet des plus merveilleux.


André Douzet

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